5 jours d’épopée à moto sur les routes Malgaches

Une petite Honda prêtée par mon oncle, un sac à dos avec l’essentiel d’affaires pour les cinq prochains jours, l’appareil photo et nous voilà partis à la conquête des routes de l’Est de Madagascar. Une aventure pleines de péripéties, de rencontres inoubliables, de paysages époustouflants, de moments qui poussent dans les retranchements, mais qui malgré tout, font vibrer, forge et reste gravés.

De Fianarantsoa, à Mananjary en passant par Ranomafana, sous un soleil de plomb. 

Jour 1 : Nous enfourchons la Honda, c’est parti pour 200 km de trajets afin de nous rendre à Mananjary. Il nous faudra nous armer de patience, la moto n’excédent pas les 60km/h, ce sont plus de 6 heures que nous passerons à califourchon sur notre bolide. Bien heureusement, cette journée fut composées de vues à couper le souffle, de moments riches dans les petits villages traversés. Un vrai sentiment de liberté, malgré les coups de soleil cuisants. Notre nuit à Mananjary, dans une charmante cabane en bois avec piscine vue sur mer, a été la première pause de notre périple.

De Mananjary à Manakara, le long de la côte Est

Jour 2 : Après une belle nuit de sommeil, et un temps de repos pour nos fesses endolories, cap sur Manakara, à 164 km de là. La journée est belle, la route est parfaitement goudronnée (fait assez rare dans le pays). Les paysages nous offrent une fois de plus un magnifique spectacle. Nous voilà de nouveau animé d’un merveilleux sentiment de liberté. Nous faisons une petite pause en court de route, pour jeter un oeil à la route en terre que nous devrons prendre le surlendemain. Celle-ci s’annonce épique, nous prendrons plus de temps que prévu pour y accéder. Nous voilà reparties direction Manakara, où nous arrivons en milieu d’après-midi. La ville est magnifique et grouille de vendeurs de litchis. Les rues, elles, sont tapissées de cette petite écorce rosée. Nous trouvons un hôtel en bord de mer et déposons bagage pour les deux prochaines nuits.

Jour 3 : Malheureusement, nous nous réveillons avec une météo capricieuse. Ce n’est pas grave nous sommes là, nous nous armons de nos magnifiques ponchos de pluie et partons visiter Manakara à pieds. Nous passons la journée à vadrouiller de ruelle en ruelle, et pensons déjà à la piste en terre qui nous attends le lendemain. Avec un tel déluge, celle-ci s’annonce mouvementée !

Anecdote
Il n’existe que deux espèces venimeuse à Madagascar, le scorpion et le scolopendre. Il est 1h du matin quand je ressens une piqure me lancer au niveau du buste. Ni une ni deux, j’attrape la bête en question et me retrouve nez à nez avec un beau scolopendre. Prise de panique, Arthur garde son calme et tente tant bien que mal de me calmer et me rassurer. Finalement après avoir mis plusieurs compresse d’eau froide et pris un doliprane, la douleur se faire moindre. La nuit elle, est perturbée. Nous sommes réveillés à deux reprises par la présence de scolopendre. Bien rassurante l’histoire !

De Manakara, à Sahasinaka, une route défiant les éléments

Jour 4 : À 55 km de Manakara, le trajet vers Sahasinaka se passent plutôt bien sur les premiers kilomètres. Bien que sous la pluie, la route est bonne. Une fois arrivée au début de la piste en terre, dévastée par le pluie, les 12 derniers kilomètres s’annoncent mémorables. Des trous immenses se sont formés sous le passage des camion, je passe alors les trois-quarts du trajets à courir derrière la moto, Arthur lui, jongle entre les flaques immenses et les petits passages boueux. Nous mettrons plus de deux heures à parcourir ces 12 kilomètres qui nous conduisent au village isolé de Sahasinaka. Chaleureusement accueilli, nous devenons vite l’attraction des habitants, qui n’ont pas l’habitude de voir beaucoup d’étranger venir dormir dans leur village. Monsieur Claude, responsable de la gare, nous prend sous son aile et nous fait vivre une expérience immersive auprès des siens, entre repas local et festivités avec les enfants du village. Une seule chambre d’hôtel existe ici, il s’agit d’une petite cabane réalisée avec cinq tôles, aux allures de poulailler. La nuit ne nous coûtera pas cher, 1€ pour deux.

Le Voyage en Train – « De Sahasinaka à Fianarantsoa »

Jour 5 : Nous arrivons au dernier jour de notre périple, pour clôturer cette belle parenthèse sur les routes de l’Est, nous nous apprêtons à prendre le seul et unique train de Madagascar. La journée commence relativement tôt, avec le chargement de la moto dans le train. Sans y penser, nous avons fait le plein d’essence de celle-ci la veille, nous nous retrouvons donc à devoir vider le réservoir dans des bouteilles en plastiques. Entouré d’une vingtaine de personnes, Arthur s’attèle à la tâche. Après de nombreuses péripéties, la moto est enfin chargée dans le train.

Anecdote : En chargeant la moto dans le train, Arthur s’est brûlé relativement fort avec le pot d’échappement. Dans l’effervescence de tout ce qu’il y avait à faire, nous ne nous en sommes pas occupés immédiatement. Une fois la moto chargée, nous sommes passés dans une pharmacie pour soigner la brûlure. Le pharmacien nous a premièrement proposé une crème de beauté parfumée, que nous avons gentiment refusée. Suite à quoi il nous a sorti une seconde crème. Préférant vérifier de quel type de crème il s’agissait avant de l’utiliser, je me rend compte en vérifiant qu’il s’agit d’une crème pour les mycoses vaginales ! Nous avons fini par acheter 2 litres d’eau potable que nous avons versé sur la brûlure pour atténuer les effets !

Le voyage en train, une aventure à elle seule

L’heure du départ en train a retenti. C’est un grand moment pour les villageois ! Tout le monde s’agglutine autour du train. Beaucoup de vendeur de fruits sont là, ils vendent tout ce qu’ils peuvent aux voyageurs. L’image est magnifique. Nous voyageons en première classe, confortablement assis. La plupart des malgaches eux, voyage en seconde classe, debout. Nous nous disons qu’il aurait été plus folklorique de voyager en seconde classe, jusqu’au moment ou nous comprenons que le voyage s’annonce relativement long et que nous allons apprécier notre place à sa juste valeur. Au total nous allons nous arrêter à une quinzaine de gare. C’est la saison du litchi, à chaque gare nous rajoutons des cargaisons de litchis, nos arrêts en gare peuvent durer jusqu’à 2h. Plus nous avançons, plus le chargement est lourd. Le train avance de moins en moins vite. Ce voyage qui se réalise normalement en 9h, s’est effectué en 17h. A bout de fatigue, nous rêvions que d’une chose, c’était d’arriver à Fianarantsoa, et retrouver un lit confortable ! 

Nous avons tout de même vécu des moments très fort et avons vu de magnifiques paysage qui resteront gravés. Une belle aventure que nous recommandons !

Anecdote : Dans le train, un homme très classe s’assoit deux sièges devant nous. Tout le monde demande à se faire prendre en photo avec lui, nous pensons alors qu’il s’agit d’un politicien. Plus tard nous apprenons qu’ils s’agit de Jajaoby, un chanteur très connu dans le pays ! Nous regrettons de ne pas avoir fait de photo avec lui. 

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